Comment Sarko et des barbouzes ont préparé l’offensive contre la Côte d’Ivoire

08.04.2011


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L’entrée en guerre de la France contre la Côte d’Ivoire, le 04 avril, a sonné comme une   revanche personnelle de Sarkozy. Avec la bénédiction de l’Onu, Paris n’a  laissé à personne d’autre le soin de bombarder la présidence ivoirienne  ainsi qu’un camp militaire qui abritait   aussi des familles. Depuis plusieurs semaines, en Conseil des  ministres comme en privé, le chef de l’Etat ne décolérait pas contre  Gbagbo, « le dictateur sanglant de Côte d’Ivoire ». Au point de   s’avouer, le 5 avril, « à bout de patience ».


L’empereur  Sarkozy en veut personnellement au président Gbagbo dépuis que  celui-ci, en décembre 2010, après   la victoire, proclamée par l’ONU, de son ami Ouattara, le président  français, impérial, avait ignoré royalement son ultimatum donné quarante  huit heures pour quitter le pouvoir. Cela fait plus de   quatre mois qu’il est toujours au pouvoir.
Or Sarko avait beaucoup misé sur ce scrutin pour rehausser une cote fort dévaluée sur le continent.
N’était-il pas accusé de perpétuer la « Francafrique », ce système affairiste favorisant des groupes amis tels que Bouygues, Boloré, Veolia ?
Mais, après l’échec de son ultimatum ivoirien, le Président révise subitement ses positions et adopte un profil bas. Affirmant à la presse que « l’ancienne puissance coloniale n’était pas la mieux placée » pour intervenir.
En janvier, devant l’Union africaine, il ose même affirmer : « La France ne veut donner de leçons à personne ». Il faut dire que les événements de Tunisie, d’Egypte ou de Syrie n’ont guère fait briller la diplomatie tricolore.
La  campagne (aérienne) de Libye, pour laquelle Sarko a obtenu le droit  d’ouvrir le feu le premier, a   réveillé ses ardeurs belliqueuses. Selon plusieurs témoignages  d’officiers supérieurs au « Canard », la France a appuyé la conquête du  sud du pays par les forces de Ouattara. L’un d’eux, proche de   l’Elysée, se félicite de « notre efficacité dans l’organisation de la  descente sur Abidjan ».
Il  est vrai qu’en moins de quatre jours, les forces républicaines de Côte  d’Ivoire (FRCI) ont parcouru, sans grande résistance, la moitié du pays. Un autre galonné, membre  des services de renseignement, confie : « On a fourni des conseils  tactiques au Frci », mais aussi « des munitions et des Famas (fusils d’assaut). »
BARBOUZES AUX PREMIERES LOGES
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De  son côté, le contingent militaire français est porté , le 04 avril à  1700 hommes. Les 900 hommes du   dispositif permanent Licorne ont été notamment renforcés par des Rambo  de la Direction des opérations (ex-Service action) de la DGSE et des  Forces spéciales.
Quelques-uns,  parmi ces derniers, se sont retrouvés en contact direct avec  l’entourage de Ouattara. A   19H30, quatre hélicos Puma, soutenus par des MI24 de l’Onuci,  commencent leur pilonnage, frappant au passage des objectifs aussi  « stratégiques » que le CHU de cocody et de treichville et un supermarché du quartier de Cocody.
Pour la seconde fois en sept ans, « l’ancienne puissance coloniale » bombardait des soldats et des populations civiles ivoiriennes.
ARMEMENT A PRIX D’OR
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Cet héroïque canardage, qui selon l’Elysée, laissait entrevoir une reddition rapide de Gbagbo, risque   pourtant de laisser des traces profondes. Et une situation difficilement gérable à Abidjan.
D’abord parce que Ouattara pourrait pâtir, dans cette ville majoritairement acquise à Gbagbo, de son image de protégé de la France et des pays riches.
L’armement de ses troupes, son équipement tout neuf ont suscité l’étonnement des ivoiriens.
Si  l’aide du Burkina et du Nigeria est reconnue, d’autres pistes de  financement apparaissent. Selon des     témoignages et des documents obtenus par le « Canard », des proches  de Ouattara ont monnayé, en 2009 et en 2010, d’importantes quantités  d’or volées des mines du Nord.
Plusieurs tonnes ont été acheminées au Ghana voisin sous couvert de véhicules de l’Onu. Puis envoyées, par petites quantités, à Anvers (Belgique) pour y être transformées.
A l’état de poudre, cet or a été négocié à plus de 15000€ le kilo.
L’image  du camp Ouattara – présenté par certains comme l’axe du bien – restera  également entachée par les     massacres commis ces derniers jours. A Duekoué, par exemple,  plusieurs centaines de morts seraient, selon l’ONU et diverses  organisations, surtout imputables aux FRCI, les forces rebelles de Ouattara.
En  contact téléphonique permanent avec Ouattara, Sarkozy, qui prétendait  le soutenir au nom de la protection des civils, devra ramer dur pour faire oublier les exploits de certains chefs de guerre. Et pour transformer cette  intrusion meurtrière en victoire démocratique.
Jean-François Julliard

La stratégie de la lâcheté ou la logique du désespoir contre le peuple de Côte d’Ivoire ! ( Source : Camerounlink.net )
par LAURENT GBAGBO, jeudi 7 avril 2011, 17:54
Le couple maudit de notre triste histoire récente, constitué de Ouattara et de Soro (tous les autres sont des marionnettes ou de vulgaires faire valoir !) semble résolument engagé dans une course contre la montre et dans l’optique de garder tant leurs soutiens très nombreux que le peu de crédibilité qu’ils peuvent encore avoir, mais qui ne ressemble en rien à un quelconque honneur ou une forme de dignité, a décidé de soucier très peu de la vie des Ivoiriens en particulier, mais de ne faire aucun cas du coût humain en général que comporte leurs ambitions excessives et démesurées. Combien de morts, Ivoiriens et étrangers, leur faudra-t-il atteindre pour enfin admettre que cela suffit et que tout ce sang versé depuis ces si nombreuses années ne peut qu’approfondir la fracture sociale déjà suffisamment profonde ? Depuis ces deux dernières décennies, et particulièrement ces dix dernières années, est-il possible de savoir combien de personnes sont mortes pour qu’une certaine émotion, un certain regret touche ces gens pour qu’ils arrivent à se dire, « là ça suffit, cela ne peut plus continuer » ? Que faut-il qu’ils causent encore comme horreurs pour que quelqu’un puisse leur faire entendre raison et leur demande de lâcher enfin prise et de permettre à notre pays de sortir durablement de cette impasse qui n’existe que parce qu’ils en ont décidé ainsi, sans aucune pitié pour qui que ce soit, même pas leurs propres partisans qui exposent inconsidérément leur vie ? Pour quelle cause cela se justifie-t-il tant, pour qu’il soit acceptable encore longtemps d’admet-
tre ou tolérer ce carnage de moins en moins pernicieux qui voit tant d’innocentes victimes perdre la vie aussi impunément ? Combien de temps encore allons-nous accepter de nous contenter de compter les morts, comme un jeu malsain en tous points et sans remords pour les catalyseurs morbides que sont ces deux personnages d’un autre temps, d’une culture inconnue de nous et d’un aplomb si incroyable face à leurs crimes, sauf quand il s’agit d’agiter des menaces qui devraient leur être au moins autant opposées, de jugement international bien orientée ?
Est-il besoin de dire que nous sommes fatigués, repus, à bout et surtout dégoûtés de voir combien cela leur importe peu de parler de tous ces morts, même pas comme trophées, mais comme prétexte de leurs ambitions démesurées ? Contrairement à ce qui a été observé jusqu’ici, où nous avions clairement face à face, deux groupes clairement identifiés de combattants, l’un rebelle et l’autre républicains, nous assistons aujourd’hui, à une sorte de guérilla sans nom, lâche et immatérielle, plus proche du terrorisme, sauf lorsque l’on en constate les méfaits macabres ou quand les forces de défenses républicaines tentant de les contrer, on présente des corps de combattants comme des victimes innocentes d’une « barbarie de Gbagbo ». Cette méthode, mue par la lâcheté la plus abjecte, ou, c’est selon, la barbarie la plus inhumaine, apparaît n’importe où, n’importe quand et contre n’importe quelles cibles, pour étaler comme une traînée infecte des corps sans vie comme une procession funeste et diabolique destinée à détruire notre pays. Et là encore, nous ne parlons de tous ces dégâts matériels qui accompagnent leurs passages ! La Côte d’Ivoire, sous le joug infernale de leur volonté déterminée d’en prendre le contrôle, ne vaut rien, ni elle ni ses habitants, tant qu’ils n’y arriveront pas. Nous subissons, malgré la ferme volonté de nos autorités et de nos braves soldats tous les jours décriés, les assauts inlassables et lâches de forces inconnues et évasives, contre nos vies, nos biens et notre dignité, sans que cela n’émeuvent personne. Nos soldats tentent encore avec leur seule foi républicaine de défendre ce qu’ils considèrent de juste, mais s’exposent à cette lâche organisation qui se prévaut du sobriquet funeste d’invisible et cela paraît normal. Ces gens qui les attaquent tuent impunément des Ivoiriens et ces corps ne semblent avoir aucune valeur aux yeux de ceux qui jugent les pauvres Nègres que nous sommes.
Que faut-il faire ou montrer pour faire comprendre que ces lâches, principalement des mercenaires fournis et payés par des intérêts étrangers, n’ont aucun souci de mourir chez nous, pour une cause qui ne les concerne que peu et que seul, le résultat leur est compté ? On nous dit inlassablement qu’il s’agit d’un conflit entre nous, mais ce qui nous combattent en réalité viennent d’ailleurs, pour servir la cause d’intérêts nous n’avons pas encore fini de comprendre et d’identifier, une cause qui fait d’ailleurs de ces personnages de vulgaires marionnettes au service de maîtres à qui ils n’oseraient rien refuser, même s’ils se sont engagés contre leur propre pays. Nul ne sait à ce stade quelle sera l’issu de ce conflit qui se prolonge sans fin et qui s’exacerbe chaque jour et ce qui inquiète encore plus, ce sont les méthodes mises en œuvre et qui font de chacun de nous, quelles-que soient nos convictions, notre camp, notre couleur, notre religion ou notre ethnie, des victimes en puissance de la stratégie de lâcheté en cours d’exécution. Tous, car, si nombreux sont ceux des Ivoiriens qui ne font pas de politique et donc se préoccupent peu de qui dirigent ce pays, chacun est devenu aujourd’hui une cible privilégiée pouvant servir à la réalisation des objectifs de l’armada rebelles soutenues par la communauté internationale.
Dans cette stratégie, couverte par des forces internationales prétendues neutres, globalement exécutée et surtout encadrée par ces forces que sont l’Onuci et la Licorne, armée par de nombreuses et diverses sources, malgré l’embargo sur les armes qui est imposée à notre pays, mais en réalité servant uniquement à empêcher la République de se doter de moyens de sa défense légitime, et financée par de nombreux pays, rien de tout ce qui s’oppose à la réalisation des objectifs des rebelles n’est toléré. Bien mieux, tout ce qui a le malheur de se trouver sur le passage des forces « invisibles » n’aura même pas la bienséance d’être considéré comme victimes collatérales, car au moins pour celles-là, on s’excuse et on exprime des regrets. Non, toutes les victimes seront soit utilisées contre la République, soit considérées comme opposées auxdits objectifs, donc normales. Nous n’aurons même pas l’honneur d’une quelconque désolation ou pitié et ils auront le droit d’aller là où ils le souhaitent dans notre pays, pour tuer encore et encore, détruire tout et, comme des sous hommes, nous ne ferons même pas partie du compte des victimes de l’entreprise barbare qui a cours contre notre vaillant peuple. Personne ne versera la moindre larme, car ils n’auront jamais fini de nous accuser et de nous vilipender pour avoir osés nous y opposer. Les sous hommes que nous sommes, devront au contraire aller s’agenouiller pour s’excuser d’avoir perdu tant de parents, de sœurs, de frères, d’amis, de voisins, de collègues, et que savons-nous encore.N’importe qui peut prendre une balle aveugle des rebelles invisibles qui pullulent dans la ville d’Abidjan, sans aucun discernement. Chacun de nous peut voir son domicile mitraillé sans que cela ne paraisse inadmisible, même si les premières victimes d’un tel mitraillage seront les pauvres femmes et enfants qui s’y trouvent, ainsi que les employés qui viennent y travailler et qui espèrent chaque jour retrouver leurs familles à la fin de journée de dur labeur. L’ambassadeur des grands États-Unis a formellement demandé de fusiller toute personne qui contraindrait la liberté de mouvement des soldats de l’Onuci, qui notre courageuse jeunesse surveille, car la sachant responsable de déplacer les rebelles à travers la ville et moyen principal de leurs infiltrations dans notre capitale économique, comme dans toutes les zones qu’ils ne contrôlaient pas jusqu’ici. Il paraît même qu’il y a de nombreux combattants blancs qui sont tués avec les rebelles que nos braves Fds combattent comme cela est convenu. Alors que dans toute guerre, il y a des « règles », la nôtre est totalement indéfinissable. Nous ne savons pas exactement contre qui nous nous battons, même si la nature de nos ennemis est établie. On utiliserait, comme contre le Japon en 1945, l’arme atomique pour nous « dévaster » totalement, cela serait bien plus respectable. Mais, non, il se cache, se dissimule lâchement pour nous atteindre sournoisement afin de mieux nous soumettre ou nous humilier. Nous ne méritons même pas le plus simple respect dû à un adversaire clairement identifiable et fièrement opposé. Si l’objectif est de conduire aux destinées de notre pays, combien d’humiliations et de dénégations cela nous coûtera-t-il ? Non seulement, la méthode de combat est lâche, mais pour bien faire, on ne limite pas l’imagination, car tout est utilisé pour nous faire plier. Les sanctions aussi stupides qu’inhumaines pleuvent sur nos têtes, poussant l’économie à se désagréger inexorablement pour satisfaire les vampires qui nous assaillent. Donc, si nous ne mourrons pas, nous souffrirons jusqu’au plus profond de nos êtres, car leurs objectifs ne peuvent admettre de contradictions ni d’oppositions. Rien ne sera toléré et rien ne sera pardonné et tous les moyens sont justifiés, rien que ça. On nous empêche d’avoir accès à notre argent, le fruit de notre labeur individuel et collectif, on nous ferme la possibilité de nous approvisionner pour même les denrées les plus simples et essentielles, comme les médicaments, le butane, et les produits importés, on nous bloque la capacité de vendre nos produits, destinés à des marchés qui en demandent, et on tente de nous les voler pour les vendre contre nous. On organise l’asphyxie totale de notre économie pour encore nous exaspérer et nous faire douter de nos convictions, afin de mieux nous tuer encore et encore. Nos propres compatriotes, lâchement cachés sous froides températures européennes ou se promenant autour de notre pays, alors qu’ils font croire qu’ils sont enfermés injustement dans un hôtel d’Abidjan, organise chaque jour, un acte de “génie macabres “ contre leurs propres concitoyens, sans aucune amertume ni aucun remords, pour les soumettre joug d’un ordre auquel ils ne comprennent rien, si ce n’est de se justifier que « Gbagbo est contre eux» ou que Gbagbo n’a rien fait pour eux». Ce qui est encore plus effarant, c’est de savoir que ces gens ciblent des infrastructures d’envergure qui servent pour le bien-être de toutes les populations qui vivent sur le territoire ivoirien, telle la centrale thermique d’Azito. Imaginons un seul instant que la tentative d’attaque contre cette unité ait réussi, lequel d’entre toutes ces populations aurait été épargné par les conséquences désastreuses d’une telle ânerie ? Comment comprendre que des gens qui prétendent se battre pour notre bien-être, posent au contraire des actes qui causent des souffrances, comme manquer de médicaments, être privés d’électricité, ou d’autres produits de bases ? Combien de temps faudra-t-il pour remettre en ordre tout cela ? Combien cela coûtera-t-il pour reconstituer tout cela et remettre les Ivoiriens dans le sens du développement escompté ? D’où viendront les moyens quand, au sortir de cette aventure désolante, nous constaterons le nombre de compétences perdues inutilement ? Faut-il espérer dans leurs semi lettrés les capacités nécessaires à redresser ce pays si riches, mais injustement bloqué et contraint par des ambitions
nébuleusesd’une bande d’énergumènes manipulés ? Combien de jeunes, qui sont l’avenir et le ferment de la renaissance espérée de notre pays depuis 1993 dans les méandres d’un discours vaseux et valable uniquement par sa capacité à séduire, mais sans aucun contenu réel, ni substance fondamentale, aurons-nous à regretter lorsqu’il sera temps de se réunir autour de la mère patrie pour la porter au pinacle de son potentiel ? Combien de parents ne seront plus là pour éduquer et encadrer des enfants dont les valeurs de référence auront été détruites ? J’ai eu la curiosité de parcourir le «discours à la Nation» de Ouattara pendant que j’écrivais le présent papier et j’ai été sidéré, non pas par la réaffirmation de sa détermination qui est somme toute « normale » étant donné le stade qu’il a atteint, mais parce que son appel ne fait à aucun moment mention d’arrêter les violences, dont ses partisans sont les premiers responsables, car aillant lancer les hostilités. Soro fait d’ailleurs systématiquement le contraire de ce que les propos de Ouattara prétendent. L’un est dans l’invective et les appels constants à l’usage de la force, pendant que l’autre se fait passer pour un homme de paix, par un discours savamment encadré. Mais, nous savons tous quelle est la véritable nature de Ouattara et pourquoi lui chauffe le froid et laisse l’autre chauffer les braises. À aucune moment de son « discours à la Nation » il n’a non plus regretté ses actes ou ceux de ses partisans, et pourtant c’est bien son groupe qui appelle à la haine, à la violence qu’il prétend honnir et au meurtre. Les menaces qui sont proférées contre les partisans du président Gbagbo ne se comptent plus, alors on s’étonne que ses propos dudit discours appellent les militaires et les agents de l’État à « se mettre au service de la Nation » et les souvenirs de ses menaces à leur endroit et sanctions à leur encontre sonnent à leurs oreilles comme un écho impossible à oublier.
Si ce grand comédien devant l’Éternel se croit capable de tromper des gens de bon sens, ce n’est certainement pas parmi les Ivoiriens que nous sommes qu’il les trouvera, à moins de nous croire insensibles aux nombreuse souffrances qu’il nous inflige avec détermination et dextérité, car c’est bien la seule capacité qu’il nous a montrée et démontrée depuis son entrée fracassante dans notre univers politique. Dans son discours encore, il parle avec insistance, comme pour s’en convaincre, de reconstruire, de réunir, de savoir pardonner et autres choses qui lui sont totalement étrangères. Mais, a-t-il simplement conscience que pendant qu’il évoque ces valeurs cardinales de la vie en communauté, qu’il est le catalyseur de la destruction de tout ce qu’il y a reconstruire, réunir et de la gestation de tous les ressentiments et passions qui ont conduit ce pays dans cette aventure funeste ? Est-il seulement suffisamment humain pour admettre sa part, aussi infime fusse-t-elle, de responsabilité dans les nombreux drames que vivent les populations auxquelles ils s’adressent ainsi ? Comment espère-t-il nous faire adhérer à ce discours, s’il n’est pas simplement capable de lancer un appel à ses troupes invisibles pour qu’elles arrêtent immédiatement toutes leurs agressions et surtout celles visant de simples citoyens au service du pays, ces personnes-là mêmes qu’il exhorte à le rejoindre dans sa détermination contraire à celle de la majorité des Ivoiriens ? Enfin, à aucun moment son discours n’évoquent les sanctions qu’il continue de demander et dont les premières et principales victimes sont bien les populations qu’il prétend vouloir réunir et faire vivre ensemble. Une telle incohérence est simplement dégoûtante en tous points et ne saurait attendrir ou tromper que des fanatiques ou des inconséquents, mais certainement pas les ivoiriens dignes qui savent où se trouvent leurs véritables intérêts. Quand il sera capable, lui et son couteau fourchu, de demander l’arrêt immédiat et sans conditions des agressions et de la barbarie qu’ils sont organisées, quand il aura le courage de demander la levée immédiate de toutes les sanctions, alors il commencera à devenir quelque peu crédible dans sa démarche et pourra effectivement nous faire admettre que son combat concerne bien notre pays et non sa personne, son groupe ou les intérêts diffus qui tentent de nous l’imposer depuis trop longtemps maintenant. Car, en réalité nous sommes un peuple très paisible et plutôt inoffensif dont leurs agressions continues risquent de réveiller l’instinct de conservation naturel qui le pousse à organiser véritablement sa défense et sa protection, contrairement à ce qui a été observé jusqu’ici. Quel est l’avenir de tous ces enfants et jeunes encore à l’école et en formation, dans un contexte où les cours se tiennent sans programme cohérent et dans une incertitude totale ? Que dire de tous ces enfants et jeunes déplacés, issus de localités systématiquement attaquées par des rebelles, dont l’activisme n’assume pas la guerre sournoise qu’ils font à la Côte d’Ivoire, mais dont les effets sont pareils à une vraie guerre ? Que dire de tous ces parents d’élèves et étudiants qui ne savent plus quel avenir leur progéniture aura quand nous sortirons de toute cette lâcheté inqualifiable ? Quelles formations, qualifications et compétences auront ces générations, lorsqu’elles se trouveront en âge de travailler dans une Côte d’Ivoire que chacun espère moderne et prospère dans 5, 10, 15 ou 20 ans, car tout ceci s’arrêtera bien un jour ? Où trouverons-nous les cadres, les techniciens et les ouvriers capables de soutenir notre développement ? Nous faudra-t-il les importer d’ailleurs, des pays autour de nous, plus stables ? Combien seront les étrangers chez nous et sur nous en ces périodes de reconstruction, quand nous savons qu’en réalité, le pourcentage d’étrangers dans notre pays est bien plus proche de 50% que des 26% officiellement admis, comme se mentir à nous-mêmes, comme d’habitude, dans notre réflexe de fuite en avant perpétuelle ? Pourquoi devons-nous accepter de continuer à sacrifier l’avenir de nos enfants, de notre pays et de nos intérêts, comme certains d’entre nous nous l’imposent depuis trop longtemps maintenant ? Et, quelle politique globale devra être mise en œuvre et par qui, pour nous permettre de récupérer et garder le contrôle de notre destinée collective ? La contradiction n’est manifestement pas la moindre des incongruités de Ouattara ou même de Soro, qui annonce qu’il n’y aura pas de guerre civile, pendant qu’il se promène partout de demander que son pays soit attaqué et qui appellent « ses troupes » à une révolution qui n’est rien d’autre que la continuation de sa rébellion. Ouattara oublie même ses propres déclarations et répète tout et son contraire, selon le moment, l’auditoire, ou l’objectif intermédiaire recherche. Par exemple, dans son discours récent, il appelle les militaires et les fonctionnaires à rejoindre son groupe et promet de faire un gouvernement d’union nationale, alors qu’à la sortie de sa rencontre avec le président nigérian, il a clairement dit qu’il n’était pas question de gouvernement d’union et qu’il n’en aurait jamais été question. Les deux affirmations ont été faites à quelques deux jours d’intervalle. Qui a parlé à Abuja et qui a fait le discours du 15 mars ? C’est bien la même personne et cela, nous devons faire semblant de ne pas nous en être aperçu. La capacité de ces deux larrons à nous faire croire le contraire de ce qu’ils nous montrent depuis plus de huit ans maintenant, exactement comme leur grand protecteur et leurs porte-voix, nous porte à comprendre aujourd’hui, que toute cette profession de foi savamment répétée ne peut avoir qu’un but malsain pour notre pays. Ouattara et Soro ne nous veulent pas de bien et ne nous en voudront jamais, en tout jamais au-delà des intérêts qui leur sont précieux et pour beaucoup, méconnu, même s’ils les défendent avec acharnement ! Que dire devant tant d’injustices, de méchancetés et de folies, si ce n’est de résister, encore et toujours pour finalement triompher demain et espérer que ce demain ne soit plus loin, tant notre souffrance est terrible et inhumaine. À qui s’en remettre en dehors de Dieu et d’attendre stoïquement Sa Décision Divine. Et, ce n’est nullement faire preuve de faiblesse que de s’en remettre à Lui, tant la détermination de l’adversité est informe et insaisissable. Aucun de nos soutiens n’a été capable de le rester longtemps, ou si peu. Notre détermination peut paraître faible en l’occurrence, mais elle vaudra son pesant d’or en dû temps et notre patience saura attendre ce temps. Notre salut n’est certainement pas loin et nous avons la responsabilité de triompher pour nous et pour bien d’autres au-delà de ce petit pays qui est le nôtre. D’où il viendra, quand et comment, ne dépend probablement pas de nous, mais, notre détermination et notre courage à résister y contribueront certainement. Notre union et notre solidarité ne doivent pas faire défaut, car plus nous les écoutons, plus il devient clair que pour atteindre leur objectif macabre, la seule arme qui leur reste, certes, moins douloureuse que toutes les autres qu’ils ont employé jusque-là, c’est celle de nous diviser, en faisant miroiter aux plus faibles d’entre nous, des prébendes illusoires que d’ailleurs, ils nous concèderaient avec beaucoup de mépris, comme pour ne pas oublier leur vraie nature. Nous faisons tout et ferons tout pour laisser notre pays sombrer dans la guerre civile, mais point trop n’en faut, et les souffrances extrêmes que nous subissons risquent de passer à l’accoutumance qui elle-même nous mènerait alors à organiser notre protection sans tenir compte d’un quelconque avis! Ventre affamé n’a point d’oreilles, dit-on !
Cette crise qui s’est exacerbée à la suite de prétendues élections nous pose tant de questions, qui touchent à notre plus profond être collectif, que les jérémiades de ce couple d’assassins ne sauraient résoudre. Elle nous interpelle à tant de niveaux et sur tant de valeurs simples, mais profondes, que le commun de nos concitoyens ne peut y être indifférent ? Elle expose à un tel point chacun de nous dans la plus simple de nos vies, que leurs actes récents et leurs mensonges récurrents ne sauraient couvrir, ni leurs discours savants masquer ! La nature d’un peuple ne peut se déterminer par la superficialité de ses prétendus leaders et les manipulations de ceux-ci, mais se caractérise au contraire par ses valeurs qui elles-mêmes déterminent le discours, le comportement et la vision des leaders qui en émergent. Et pour ce qui nous concerne, ces leaders-là ne se trouvent certainement pas là où s’est posé le choix de la communauté internationale. Dès lors, quelle que soit la force et la détermination de celle-ci, quels que soient ses manœuvres et ses moyens, rien ne saurait nous être imposé que nous n’aurions pas accepté. Notre destin doit nous appartenir et le restera malgré la férocité de la lâcheté qui nous est opposée ! Nous voulons construire notre pays, autour des valeurs d’une communauté de destin et quoi que ces gens prétendent dans leurs discours, leurs véritables objectifs sont diamétralement contraires à nos ambitions profondes et même si, comme ils tentent de le faire croire, nous restons une minorité à en être convaincue, nous détermination, notre résilience et notre foi commune nous y conduirons !
Agbelly Gnamien

Côte d’Ivoire : Comment Sarko et des barbouzes ont préparé l’offensive anti-Gbagbo ( Source : le Canard enchaîné )
par LAURENT GBAGBO, jeudi 7 avril 2011, 18:00

L’entrée en guerre de la France contre les forces de Gbagbo, le 04 avril, a sonné comme une revanche personnelle de Sarkozy. Avec la bénédiction de l’Onu, Paris n’a laissé à personne d’autre le soin de bombarder la présidence ivoirienne ainsi qu’un camp militaire qui abritait aussi des familles. Depuis plusieurs semaines, en Conseil des ministres comme en privé, le chef de l’Etat ne décolérait pas contre Gbagbo, « le dictateur sanglant de Côte d’Ivoire ». Au point de s’avouer, le 5 avril, « à bout de patience ».
Outre les nombreuses et violentes exactions de ses partisans, Gbagbo avait aussi ridiculisé Sarko. En décembre 2010, après la victoire, proclamée par l’ONU, de son ami Ouattara, le président français, impérial, avait donné quarante huit heures » au vaincu pour quitter le pouvoir. Un oukase superbement ignoré pendant plus de trois mois…
Or Sarko avait beaucoup misé sur ce scrutin pour rehausser une cote fort dévaluée sur le continent.
N’était-il pas accusé de perpétuer la « Francafrique », ce système affairiste favorisant des groupes amis tels que Bouygues, Boloré, Veolia ?
Mais, après l’échec de son ultimatum ivoirien, le Président révise subitement ses positions et adopte un profil bas. Affirmant à la presse que « l’ancienne puissance coloniale n’était pas la mieux placée » pour intervenir.
En janvier, devant l’Union africaine, il ose même affirmer : « La France ne veut donner de leçons à personne ».
Il faut dire que les événements de Tunisie, d’Egypte ou de Syrie n’ont guère fait briller la diplomatie tricolore.
La campagne (aérienne) de Libye, pour laquelle Sarko a obtenu le droit d’ouvrir le feu le premier, a réveillé ses ardeurs belliqueuses. Selon plusieurs témoignages d’officiers supérieurs au « Canard », la France a appuyé la conquête du sud du pays par les forces de Ouattara. L’un d’eux, proche de l’Elysée, se félicite de « notre efficacité dans l’organisation de la descente sur Abidjan ».
Il est vrai qu’en moins de quatre jours, les forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) ont parcouru, sans grande résistance, la moitié du pays. Un autre galonné, membre des services de renseignement, confie : « On a fourni des conseils tactiques au Frci », mais aussi « des munitions et des Famas (fusils d’assaut). »
BARBOUZES AUX PREMIERES LOGES
De son côté, le contingent militaire français est porté , le 04 avril à 1700 hommes. Les 900 hommes du dispositif permanent Licorne ont été notamment renforcés par des Rambo de la Direction des opérations (ex-Service action) de la DGSE et des Forces spéciales.
Quelques-uns, parmi ces derniers, se sont retrouvés en contact direct avec l’entourage de Ouattara. A 19H30, quatre hélicos Puma, soutenus par des MI24 de l’Onuci, commencent leur pilonnage, frappant au passage des objectifs aussi stratégiques que le CHU et un supermarché du quartier de Cocody.

Pour la seconde fois en sept ans, « l’ancienne puissance coloniale » bombardait des soldats et des populations ivoiriennes.

ARMEMENT A PRIX D’OR
Cet héroïque canardage, qui selon l’Elysée, laissait entrevoir une reddition rapide de Gbagbo, risque pourtant de laisser des traces profondes. Et une situation difficilement gérable à Abidjan.
D’abord parce que Ouattara pourrait pâtir, dans cette ville majoritairement acquise à Gbagbo, de son image de protégé de la France et des pays riches.
L’armement de ses troupes, son équipement tout neuf ont suscité l’étonnement des ivoiriens.
Si l’aide du Burkina et du Nigeria est reconnue, d’autres pistes de financement apparaissent. Selon des témoignages et des documents obtenus par le « Canard », des proches de Ouattara ont monnayé, en 2009 et en 2010, d’importantes quantités d’or extraites des mines du Nord.
Plusieurs tonnes ont été acheminées au Ghana voisin sous couvert de véhicules de l’Onu. Puis envoyées, par petites quantités, à Anvers (Belgique) pour y être transformées.
A l’état de poudre, cet or a été négocié à plus de 15000€ le kilo.
L’image du camp Ouattara – présenté par certains comme l’axe du bien – restera également entachée par les massacres commis ces derniers jours. A Duekoué, par exemple, plusieurs centaines de morts seraient, selon l’ONU et diverses organisations, surtout imputables aux FRCI, les forces de Gbagbo se voyant aussi accusées d’atrocités.
En contact téléphonique permanent avec Ouattara, Sarkozy, qui prétendait le soutenir au nom de la protection des civils, devra ramer dur pour faire oublier les exploits de certains chefs de guerre. Et pour transformer cette intrusion meurtrière en victoire démocratique.

Jean-François Julliardle Canard enchaîné

L’entrée en guerre de la France contre la Côte d’Ivoire, le 04 avril, a sonné comme une revanche personnelle de Sarkozy. Avec la bénédiction de l’Onu, Paris n’a laissé à personne d’autre le soin de bombarder la présidence ivoirienne ainsi qu’un camp militaire qui abritait aussi des familles. Depuis plusieurs semaines, en Conseil des ministres comme en privé, le chef de l’Etat ne décolérait pas contre Gbagbo, « le dictateur sanglant de Côte d’Ivoire ». Au point de s’avouer, le 5 avril, « à bout de patience ».
L’empereur Sarkozy en veut personnellement au président Gbagbo dépuis que celui-ci, en décembre 2010, après la victoire, proclamée par l’ONU, de son ami Ouattara, le président français, impérial, avait ignoré royalement son ultimatum donné quarante huit heures pour quitter le pouvoir. Cela fait plus de quatre mois qu’il est toujours au pouvoir.


Or Sarko avait beaucoup misé sur ce scrutin pour rehausser une cote fort dévaluée sur le continent.


N’était-il pas accusé de perpétuer la « Francafrique », ce système affairiste favorisant des groupes amis tels que Bouygues, Boloré, Veolia ?


Mais, après l’échec de son ultimatum ivoirien, le Président révise subitement ses positions et adopte un profil bas. Affirmant à la presse que « l’ancienne puissance coloniale n’était pas la mieux placée » pour intervenir.


En janvier, devant l’Union africaine, il ose même affirmer : « La France ne veut donner de leçons à personne ». Il faut dire que les événements de Tunisie, d’Egypte ou de Syrie n’ont guère fait briller la diplomatie tricolore.
La campagne (aérienne) de Libye, pour laquelle Sarko a obtenu le droit d’ouvrir le feu le premier, a réveillé ses ardeurs belliqueuses. Selon plusieurs témoignages d’officiers supérieurs au « Canard », la France a appuyé la conquête du sud du pays par les forces de Ouattara. L’un d’eux, proche de l’Elysée, se félicite de « notre efficacité dans l’organisation de la descente sur Abidjan ».


Il est vrai qu’en moins de quatre jours, les forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) ont parcouru, sans grande résistance, la moitié du pays. Un autre galonné, membre des services de renseignement, confie : « On a fourni des conseils tactiques au Frci », mais aussi « des munitions et des Famas (fusils d’assaut). »
BARBOUZES AUX PREMIERES LOGES
De son côté, le contingent militaire français est porté , le 04 avril à 1700 hommes. Les 900 hommes du dispositif permanent Licorne ont été notamment renforcés par des Rambo de la Direction des opérations (ex-Service action) de la DGSE et des Forces spéciales.
Quelques-uns, parmi ces derniers, se sont retrouvés en contact direct avec l’entourage de Ouattara. A 19H30, quatre hélicos Puma, soutenus par des MI24 de l’Onuci, commencent leur pilonnage, frappant au passage des objectifs aussi « stratégiques » que le CHU de cocody et de treichville  et un supermarché du quartier de Cocody.


Pour la seconde fois en sept ans, « l’ancienne puissance coloniale » bombardait des soldats et des populations civiles ivoiriennes.
ARMEMENT A PRIX D’OR
Cet héroïque canardage, qui selon l’Elysée, laissait entrevoir une reddition rapide de Gbagbo, risque pourtant de laisser des traces profondes. Et une situation difficilement gérable à Abidjan.


D’abord parce que Ouattara pourrait pâtir, dans cette ville majoritairement acquise à Gbagbo, de son image de protégé de la France et des pays riches.
L’armement de ses troupes, son équipement tout neuf ont suscité l’étonnement des ivoiriens.
Si l’aide du Burkina et du Nigeria est reconnue, d’autres pistes de financement apparaissent. Selon des témoignages et des documents obtenus par le « Canard », des proches de Ouattara ont monnayé, en 2009 et en 2010, d’importantes quantités d’or volées des mines du Nord.


Plusieurs tonnes ont été acheminées au Ghana voisin sous couvert de véhicules de l’Onu. Puis envoyées, par petites quantités, à Anvers (Belgique) pour y être transformées.
A l’état de poudre, cet or a été négocié à plus de 15000€ le kilo.


L’image du camp Ouattara – présenté par certains comme l’axe du bien – restera également entachée par les massacres commis ces derniers jours. A Duekoué, par exemple, plusieurs centaines de morts seraient, selon l’ONU et diverses organisations, surtout imputables aux FRCI, les forces rebelles de Ouattara.


En contact téléphonique permanent avec Ouattara, Sarkozy, qui prétendait le soutenir au nom de la protection des civils, devra ramer dur pour faire oublier les exploits de certains chefs de guerre. Et pour transformer cette intrusion meurtrière en victoire démocratique.
Jean-François Julliard
Source: Le canard enchaîné
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