"La nuit fut terrible… ça tire de partout non stop", raconte une habitante de Cocody à Abidjan.

Par Céline Lussato.


           Un membre des forces pro-Gbagbo à Abidjan. (AFP)

Anta-Laure, responsable dune société exportatrice de cacao raconte la nuit du jeudi 31 mars.
« J’habite à Cocody. Près de l’hôtel Palm Club, à l’entrée d’une rue perpendiculaire au boulevard Latrille qui traverse le quartier des « 2 plateaux », où se trouve la RTI [télévision ivoirienne: ndlr], et va jusqu’à la zone de résidence de Laurent Gbagbo. C’est une zone résidentielle On est aussi à 2 minutes du Carrefour de la vie où les barrages des FDS étaient dressés pour sécuriser la RTI.La nuit fût terrible! Personne n’est serein actuellement, ça tire de partout non stop. On est à même le sol. On est resté là toute la nuit. On a peur d’avoir nos habitations détruites, de prendre une balle perdue, d’être blessé ou même de mourir!


Etant dans le noir, on a vu les balles et les obus passer au-dessus de nous toute la nuit. Et là ce matin c’est reparti de plus belle.
Combats intenses
Des combats intenses ont débutés vers 19h15, non stop jusqu’à environ 23h avec des rafales de kalachnikov, des tirs de mortiers…
Nous avons eu ensuite 30 minutes d’accalmie avant une reprise encore plus violente avec des défiles de pick-up, chars, 4×4 avec de nombreux soldats armés tirant des rafales. C’était des combats intenses opposant les FRCI [pro-Ouattara: ndlr] contre les forces fidèles à Laurent Gbagbo pour la prise de la RTI.
Les véhicules semblaient être ceux des FDS [pro-Gbagbo: ndlr] mais vu qu’on nous parle de nombreux ralliements, impossible de dire qui circulait dans notre cité.
Les tirs ont donc repris vers 23h30 et non stop jusqu’à cette heure même [12h30 : ndlr].
De 2h à 5h du matin, on a pensé à tout tellement c’était violent. Des vitres ont même volé en éclat à cause des tirs à l’arme lourde qui étaient très proches.
On était chez nous, dans le noir, essayant de savoir d’où venaient ces bruits de véhicules. On vit au 3e étage donc nous avions un assez bon point de vue. Il n’y a pas eu de débarquement dans le quartier, mais les véhicules qui allaient dans le sens du Lycée technique ne roulaient pas à grande vitesse.
On ne sait pas ce qui se passe vers la RTI mais il y a encore des tirs constants actuellement. Des rafales mais moins de tirs de mortier. Nous ne pouvons pas être très bien informés car la RTI n’émet plus depuis 23h, quand elle a été prise par les FRCI après la première série de combats.
Panique vs optimisme
Nos seules sources d’information c’est twitter, bbm, facebook et on parle à nos amis des différents quartiers d’Abidjan.
Evidemment c’est la panique mais je dois dire que malgré tout on reste généralement très optimistes car après 10 ans de surplace, on espère enfin pouvoir contribuer chacun à son échelle à relever notre pays. On a perdu trop de temps!!!

Et c’est reparti les mortiers!! »

Témoignage recueilli par Céline Lussato

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