La télévision ivoirienne sous le contrôle des soldats fidèles à Laurent Gbagbo


Des soldats fidèles au chef de l'Etat sortant Laurent Gbagbo patrouillent autour du palais présidentiel, à Abidjan le 2 avril 2011.

Des soldats fidèles au chef de l’Etat sortant Laurent Gbagbo patrouillent autour du palais présidentiel, à Abidjan le 2 avril 2011.

REUTERS/Luc Gnag Par RFI
La « bataille d’Abidjan » s’est poursuivie ce samedi 2 avril avec des tirs nourris à l’arme lourde, entendus près des derniers bastions du président sortant Laurent Gbagbo, et notamment le quartier du palais présidentiel, encerclé par les hommes d’Alassane Ouattara. « Pas question pour Laurent Gbagbo d’abdiquer », a-t-on encore affirmé dans l’entourage du chef de l’Etat sortant. Il se trouverait avec sa famille dans sa résidence de Cocody. Un président que l’on a pu voir sur quelques images diffusées par la télévision ivoirienne, apparemment aux mains de ses partisans.

Qu’importe la tempête, Laurent Gbagbo, en bon capitaine, est à la barre. Voilà en substance le message qu’a tenu à faire passer ce samedi 2 avril la RTI dans son édition de la mi-journée. Pour couper court aux rumeurs disant le président sortant en fuite, la télévision d’Etat a notamment diffusé des images le montrant à sa résidence en train de converser de la situation avec quelques-uns de ses fidèles.
Concernant la bataille pour le pouvoir, Laurent Gbagbo a mis en place une double stratégie de défense. Les soldats qui lui sont toujours fidèles ont été appelés à se regrouper dans différentes bases militaires d’Abidjan alors que les populations civiles ont, elles, été invitées à se mobiliser pour protéger plusieurs points stratégiques de la capitale économique ivoirienne. Cet après-midi, on pouvait ainsi voir des jeunes patriotes converger sur le quartier du Plateau, là où se trouve le palais présidentiel.

Un repas par jour
Depuis le début de la crise en Côte d’Ivoire, le CICR (Comité international de la Croix-Rouge) estime que près d’un million de personnes ont été forcées de fuir leur domicile. Beaucoup d’entre elles ont été accueillies dans leur famille et il n’est pas rare de recueillir le témoignage de femmes notamment, expliquant qu’elles doivent nourrir une dizaine de personnes en plus de leur famille. Les prix ont doublé et de nombreux habitants d’Abidjan ne font plus qu’un repas par jour ; « on ne mange plus à notre faim », se désole cette mère de famille.
Les récoltes n’ont pas été abondantes cette année, rapporte Action contre la faim qui intervient dans l’Ouest pour aider à la prise en charge des enfants malnutris dans plus de 20 structures de santé locales. « Du fait des bouleversements post-électoraux, beaucoup de personnes n’ont pu assurer les récoltes, explique le directeur d’ACF en Côte d’Ivoire.Certains habitants ont dû consommer une partie de leurs semences quand d’autres ont vu leurs stocks pillés lors des exactions ».
Les banques étant fermées pour la plupart, les Abidjanais notamment tentent par tous les moyens de se procurer du « liquide » alors que les denrées de base augmentent tout comme le prix de la bouteille de gaz. Le chômage toucherait entre 40% et 50% de la population selon la FIDH (Fédération internationale des droits de l’homme), conséquence d’une activité économique étranglée. 
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