Libye : crash d’un avion américain, Misrata sous le feu des forces pro-Kaddafi



Le 21 mars 2011 à Al-Wayfiyah (à 35 km de Benghazi) après les frappes de la coalition.
22/03/2011 à 16h:45
 Par Jeune Afrique
    
Le 21 mars 2011 à Al-Wayfiyah (à 35 km de Benghazi) après les frappes de la coalition.© AFP
Les deux pilotes de l’avion de combat américain qui s’est écrasé près de Benghazi lundi soir sont saufs. Les frappes de la coalition doivent diminuer d’intensité, mais au sol, les combats font rage entre pro et anti-Kaddafi.
Officiellement, le crash d’un avion américain F-15 enLibye, lundi soir, s’est produit en raison d’un « dysfonctionnement de son équipement ». Une explication peu crédible quand on connaît le degré de préparation des pilotes américains et la fiabilité de leur équipement. Selon le commandement américain d’Africa Command, basé en Allemagne, les deux membres d’équipage se sont éjectés et sont sains et saufs.

« Sauf si quelque chose d’inhabituel ou d’inattendu survient, nous pourrions voir un ralentissement dans la fréquence des attaques. Nous avons déjà vu, entre la première nuit des frappes Tomahawk et la deuxième, une réduction importante », a déclaré lundi soir à la presse le chef de la coalition, le général américain Carter Ham.
Quatre enfants tués
Si la coalition internationale emmenée par les Anglo-saxons et les Français a averti qu’elle ferait moins de frappes aériennes, qui sont autorisées par la résolution 1973 de l’ONU, les combats continuent de faire rage sur le terrain. Mardi, les forces de Mouammar Kaddafi ont attaqué Misrata (200 km à l’est de Tripoli), tuant au moins cinq personnes, dont quatre enfants, affirme un porte-parole des insurgés. La veille, 40 personnes y avaient déjà été tuées et plus de 300 blessées.
Des chars et des snipers, déployés dans la principale artère de la ville, ont ouvert le feu « aveuglément », selon cette source, qui précise que les enfants tués se trouvaient à bord d’une voiture avec leurs parents. Un porte-parole du régime avait indiqué lundi que cette ville avait été reprise aux insurgés « il y a trois jours », mais que les forces gouvernementales y recherchaient des « éléments terroristes ». Les choses ne sont donc pas très claires…
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© AFP
Explosion près de la résidence de Kaddafi
Dans la nuit de lundi à mardi, à Tripoli des tirs de la défense anti-aérienne suivis d’explosions ont retenti près de la résidence de Kaddafi. La nuit précédente, des missiles avaient déjà détruit un bâtiment au sein de cette résidence-caserne dans le sud de la capitale. Une base navale située à 10 km à l’est de Tripoli a également été touchée par des bombardements lundi soir, selon des témoins. Au sud-ouest de Tripoli, la région d’Al-Jabal Al-Gharbi, et en particulier les villes de Zenten et Yefren sous contrôle de la rébellion, étaient toujours visées par des attaques des pro-Kaddafi lundi, selon des habitants.
Malgré le succès des premières frappes, la coalition paraît toujours fragile, des voix dissonantes se faisant entendre en sons sein. Plusieurs responsables assurent que la coalition ne cherchent pas à viser directement le colonel Kaddafi mais, selon Barack Obama, « la position américaine est que Kadhafi doit partir ».
Par ailleurs, plusieurs pays souhaitent voir les opérations confiées à l’Otan, contrairement à la France. « L’OTAN jouera un rôle » dans la nouvelle phase militaire en Libye, a affirmé M. Obama. Une position partagée par l’Italie et la Grande-Bretagne. Mais Paris estime que dans ce cas de figure, les pays arabes ne voudront pas s’y rallier et finiront même par se désengager de la coalition.
La Turquie a quant à elle exclu une participation à des missions de combats en Libye, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan soulignant que « dans le passé, des opérations de ce genre ont tourné à l’occupation et occasionné davantage de pertes civiles » en allusion à l’Irak. (avec AFPPartager

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