Côte d’Ivoire : Le vrai visage d’Alassane Ouattara

Après le scrutin présidentiel du 28 Novembre 2010, par césarienne, précédé de pleurs et de lamentations et dont la fragilité du nouveau – né s’est considérablement dégradée depuis lors, Alassane Dramane Ouattara, qui n’est autre que l’instigateur de ces malheurs qui frappent la Nation ivoirienne continue depuis son entrée dans la scène politique à tuer et à faire tuer les populations qu’il prétend vouloir gouverner. Un homme politique d’un type nouveau et d’une nature spécifique qui a marqué au fer et au sang la vie politique ivoirienne depuis 20 ans. Les Ivoiriens ont eu l’occasion de véritablement le connaitre. À la découverte donc du vrai visage de celui qui endeuille la Côte d’Ivoire depuis 2002.


Au commencement était … la répression

L’aventure ivoirienne d’Alassane Dramane Ouattara commence vers la fin de l’année 1989. Il est coopté par feu le président Houphouët Boigny pour, pense-t-il, juguler la crise socio-économique qui a cours en Côte d’Ivoire. Alassane Ouattara est nommé président d’un comité interministériel puis bombardé Premier ministre à la surprise générale. Pour un homme qui n’était connu d’aucun fichier ivoirien. Il marque de son empreinte la vie politique ivoirienne et révèle sa méthode de gestion des affaires de l’Etat.
Le style Ouattara s’apparente à celui qui tient la guillotine. Il coupe tout, diminue avec un cynisme déconcertant tous les avantages sociaux. Les étudiants sont privés, du jour au lendemain, de cantine, de car, de bourse…ils vivent désormais, au grand bonheur de Ouattara, dans la précarité. Les étrangers vivant en Côte d’Ivoire ne sont pas épargnés. Le Premier ministre d’Houphouët Boigny met au point une stratégie pour s’approprier les avoirs de ces derniers. Il veut leur argent et il l’aura.
Il instaure la carte de séjour qu’il fait payer chaque année aux ressortissants étrangers et récolte ainsi sur le nombre (ils représentaient déjà 30% de la population ivoirienne), une bonne manne financière. Certains enseignants ont également vu leur salaire initial (prévu par l’Etat) être scindé en deux avant leur prise de fonction. En somme tout était diminué ! L’équilibre social s’est trouvé menacé devant tant de pilules difficiles à avaler. Presque tous les corps sociaux se mettent à gronder et à protester. C’est alors que Alassane Ouattara use de la répression, de la violence. Il a recours à cette méthode si souvent qu’elle devient ce qui le caractérise durant toute sa carrière. Il introduit la violence à l’université devant la fronde des étudiants.
Hamed Bakayoko, membre influent du RDR, alors étudiant, est commis à la tâche pour casser de l’étudiant. Les cités sont infiltrées, les occupants sont terrorisés par des loubards et certaines consciences sont achetées. La violence connaît son point culminant par des actes de terreur introduits sur les campus dès l’apparition de Ouattara et ses sbires. L’étudiant Thierry Zébié perd la vie de façon tragique dans cette atmosphère. Il est la victime d’un système inique mit en place par le Premier ministre Ouattara pour mater à sang la contestation estudiantine.
La carte de séjour introduit par Alassane Dramane Ouattara favorise la violence contre l’étranger qui est traqué et parfois brimé à cause de quelques billets de banque. En outre, l’arrestation des leaders politiques ivoiriens de l’opposition (Laurent Gbagbo, Simone Ehivet Gbagbo, Laurent Akoun…), en février 1992, après une marche pacifique est à mettre au compte de la frilosité de Ouattara, face à la contestation et sa propension pour la violence comme mode de règlements des revendications sociales. Le style Ouattara est ainsi né. Par la suite, il perpétue cette manie à la violence et l’expérimente encore à la mort de feu Félix Houphouët Boigny, le 07 décembre 1993.

“Le vieux est mort, je confisque le pouvoir’’

Alassane Dramane Ouattara exerce trois ans de pouvoir (1990-1993) absolu à la tête de la Côte d’Ivoire à côté d’un Houphouët Boigny croulant et malade. Il fait la pluie et le beau temps et finit par prendre goût au pouvoir. Il met le PDCI, le parti au pouvoir, sous coupe réglée ; il brise les syndicats et croit avoir réduit au silence les partis politiques. Le décès d’ Houphouët Boigny lui donne l’occasion de donner la pleine mesure de son ambition et le révèle encore dans son jeu favori de l’épreuve de force.
Il refuse de reconnaître la dissolution du gouvernement dont il est le Premier ministre et refuse de se soumettre à l’autorité du dauphin constitutionnel (article 11 de la constitution) Henri Konan Bédié, alors président de l’Assemblée Nationale. L’épreuve tourne en faveur de Bédié qui est contraint de recourir à la force publique afin de prononcer son discours de prise de pouvoir. La partie n’est pas encore gagnée pour Bédié et c’était là un échantillon de la violence que Alassane Ouattara réservait à son adversaire.
Henri Konan Bédié succède à Houphouët Boigny et se trouve confronté à l’ex-premier ministre Alassane Ouattara qui, devient le parrain d’un nouveau parti politique, le Rassemblement des républicains (RDR) inspiré et créé par feu Djeni Kobenan. Une formation politique sortie des entrailles du PDCI version Bédié. Ouattara prend la tête du RDR jusque-là pacifique et tolérant, en 1995, après la disparition de Djéni et lui donne une autre orientation. Il s’oppose au président Bédié et prolonge la guerre des héritiers entamée à la mort du premier président de la Côte d’Ivoire. À la faveur d’une tournée à l’intérieur du pays il déclare excédé (sa candidature ayant été invalidée lors de la présidentielle de 1995) qu’il frappera le “pouvoir moribond de Bédié et il tombera”.
Il multiplie les invectives contre le pouvoir Bédié et affirme même que l’on l’exclut du scrutin présidentiel parce qu’il est du nord et musulman. Le successeur d’Houphouët donne la réplique à Ouattara et lance un mandat d’arrêt international contre lui. La suite des évènements montre que Alassane Dramane Ouattara n’a pas parlé en vain. Le pouvoir Bédié est foudroyé par un coup d’Etat en décembre 1999 ; le premier que la Côte d’Ivoire vient de connaître. Celui-ci porte la griffe de celui qui a fait de la violence sa méthode de gestion des différends.

Un coup d’Etat portant la griffe Ouattara 

Le monde est encore dubitatif sur l’inspirateur de ce coup d’Etat jamais perpétré dans ce pays d’Afrique de l’Ouest. C’est Alassane Dramane Ouattara qui, par ses agissements, amène l’opinion à braquer son regard sur lui. Il jubile dans l’avion qui le ramène de son exil, il fait annoncer par voie de presse que lui, le futur président de la République, arrive pour occuper le fauteuil présidentiel désormais vacant. Autre fait : l’on retrouve dans le dernier carré des militaires qui se sont emparés du pouvoir trois proches de Ouattara.
Des irréductibles qui forment un bloc autour du général Robert Guéi chargé de conduire la transition. Il s’agit des généraux Lassana Palenfo, Abdoulaye Coulibaly (numéro 2 et 3 du Cnsp) et le sergent chef Ibrahim Coulibaly dit “IB”. Les deux premiers sont des sympathisants connus du RDR et le troisième le garde du corps, dans un passé récent, de Alassane Ouattara. Par ailleurs, le premier gouvernement de la junte militaire est constitué en majorité de cadres du RDR et cela soulève la désapprobation du leader de l’opposition, le président du FPI, Laurent Gbagbo.
“Si c’est un coup d’Etat du RDR, qu’on nous le dise !”, a-t-il protesté. Le général Robert Guéi, patron de la transition, qui annonce son intention de se présenter à l’élection présidentielle d’octobre 2000, est pris à partie par les “trois gardes” de Ouattara. Il lui est reproché de rouler pour lui-même et non pour Alassane Ouattara qui est pressenti, en réalité, pour prendre le pouvoir. Ces généraux essayent en vain d’attenter à la vie de Guéi. Dans la nuit du 17 au 18 septembre 2000, une trentaine de militaires encadrés, selon des sources, par les généraux Palenfo et Coulibaly attaque la résidence abidjanaise du général Guéi.
Une opération baptisée le complot du cheval blanc mais, le coup échoue. Les hommes de Ouattara quittent la junte et prennent la fuite. Le général Abdoulaye Coulibaly trouve refuge à l’ambassade du Nigéria en Côte d’Ivoire. C’est dans ce contexte de défiance perpétuelle de Alassane Ouattara que l’élection présidentielle d’octobre 2000 s’organise et que le socialiste Laurent Gbagbo arrive au pouvoir. Le président du RDR, qui a manqué de ravir le pouvoir à Guéi ne démord pas pour autant. Il s’acharne, avec la même violence, sur Laurent Gbagbo ; qui a commis le crime de lest – majesté d’être élu et d’être assis dans le fauteuil présidentiel.

“Quitte là que je m’asseye ! ”
Alassane Ouattara n’accorde pas un round d’observation à Laurent Gbagbo qui vient d’être élu. Le président du RDR jette ses loubards dans les rues, à l’annonce des résultats, pour contester la victoire du président Gbagbo acquise de haute lutte par le peuple dans sa majorité. Il sollicite le soutien du PDCI dirigé par son secrétaire général Laurent Dona Fologo (Henri Konan Bédié étant en exil) qui décline l’offre. La tentative de déstabilisation échoue. Ouattara revient, pourtant, à la charge, fabrique de toute pièce un charnier à Yopougon qu’il impute au président fraîchement élu.
Les lieutenants de Ouattara, convaincus d’avoir l’affaire du siècle, multiplient les accusations dans la presse internationale. Cela ne donne rien non plus. L’opinion nationale et internationale se rend à l’évidence : c’est une affaire cousue de fil blanc. Elle ne repose sur aucun fait tangible. Ouattara, adepte de la violence, croit encore à ses chances. Il peaufine une attaque du régime des Refondateurs. Il commet le Sergent chef Ibrahim Coulibaly dit “IB” pour l’exécuter dans la nuit du 7 au 8 janvier 2001. C’est une opération appelée “le complot de la Mercédès noire”. Cette attaque, comme toutes les autres, est repoussée.
Ainsi Ouattara et ses amis, tels des pieds nickelés échouent lamentablement. Mais c’est mal connaître Alassane Dramane Ouattara qui ne supporte pas de voir Laurent Gbagbo au Palais présidentiel. Alors il décide de lui porter l’estocade, de la manière la plus violente, d’une violence inégalée en Côte d’Ivoire. Il fait appel à tous ses « chiens de garde  » à qui il donne les moyens financiers et matériels colossaux afin de déstabiliser la Côte d’Ivoire. Ibrahim Coulibaly, Soro Guillaume, Tuo Fozié, Chérif Ousmane, Watao, Mobio, Koné Zakaria, Koné Messemba… sont au vert au Burkina Faso et préparent dans le secret les moyens de porter le glaive dans le sein de la mère patrie.
Dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002 le top départ est donné pour déstabiliser le régime de Laurent Gbagbo. La griffe de Ouattara est perceptible partout. Ibrahim Coulibaly, Tuo Fozié et Watao sont les gardes du corps du président du RDR. Il les a utilisés à de nombreuses occasions dans les meetings ou autres manifestations. Guillaume Soro a été en décembre 2000, pour les élections législatives, le colistier de Henriette Dagri Diabaté, secrétaire générale du RDR, avant que le parti de Ouattara ne décide de boycotter ces élections.
Autre preuve de l’implication de Alassane Ouattara, vient des aveux de Koné Zakaria, un chef rebelle, au cours d’un meeting à Séguéla, en 2005. « Tous ceux qui trahiront la politique d’Alassane Ouattara auront une fin tragique et IB le sait très bien. Nous avons demandé à Kass de se ressaisir. Si vous supportez le MPCI, ne le faites pas pour Zakaria ni pour IB ni pour quelqu’un d’autre, sinon pour celui qui a acheté nos armes, c’est-à-dire Alassane Dramane Ouattara« , a-t-il révélé.
Cette attaque a été sanglante et a causé la mort d’un ancien président Robert Guéi, d’un ministre d’Etat ministre de l’Intérieur, Emile Boga Doudou et d’un nombre incalculable d’Ivoiriens. C’est donc ce Alassane Ouattara qui se présente aux Ivoiriens, à la faveur de cette élection présidentielle du 31 octobre 2010 et qui prétend avoir la virginité des hommes du changement.
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